lundi 24 janvier 2011
Ben Ali: le parquet ouvre une enquête
Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert aujourd'hui une enquête préliminaire sur les biens en France de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et de son entourage à la suite d'une plainte de trois organisations non gouvernementales. Ces trois ONG, Sherpa, Transparency International et la Commission arabe des droits humains, ont récemment déposé une plainte pour corruption, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment aggravé commis en bande organisée.
Opposition tunisienne : les forces en présence
FOCUS - Après la fuite de Ben Ali, le chef du nouveau gouvernement d'union nationale a annoncé la légalisation de tous les partis. Opposition légale, partis interdits, lefigaro.fr fait le point sur les opposants à l'ancien parti quasi unique.
Nejib Chebbi. Crédits photo : FETHI BELAID/AFP
Ettajdid (Renouveau en arabe) - Développant une ligne politique de centre gauche, le parti anciennement communiste, a vu ses membres régulièrement harcelés par les autorités sous l'ère Ben Ali. Son secrétaire général, Ahmed Ibrahim, est le nouveau ministre de l'Enseignement supérieur du gouvernement d'union nationale mais menace déjà de démissionner. Il a été candidat à la présidentielle de 2009.
Forum démocratique pour le travail et les libertés - Le FDTL, parti de gauche, rassemble notamment des intellectuels, des membres de la classe moyenne et des activistes des droits de l'homme. Il milite pour la démocratie depuis sa création en 1994, réclamant des élections libres, la libération des prisonniers politiques, une séparation entre le parti au pouvoir et le gouvernement ainsi que la liberté pour le peuple tunisien. Légalisé en 2002, le FDTL est dirigé par Mustapha Ben Jaâfar, nommé ministre de la Santé du gouvernement d'union nationale avant de démissionner. Il s'agit d'un vieil opposant et d'une personnalité respectée de la vie politique, plusieurs fois candidat à la présidentielle. On ne sait pas en revanche de quelle popularité il dispose dans l'opinion publique tunisienne.
Parmi les autres partis autorisés, on compte notamment le Mouvement des démocrates socialistes (MDS) d'Ismaïl Boulahya, le Parti de l'unité populaire (PUP) de Mohamed Bouchiha, le Parti social libéral (PSL) et le Parti des verts pour le progrès. Leurs critiques du régime déchu ont été plus que discrètes. L'Union démocratique unioniste (UDU) est le seul parti de l'opposition de façade qui a pris ses distances pendant la crise du régime.
Union générale des travailleurs tunisiens L'UGTT est une puissante centrale syndicale, la seule du pays, qui a joué un grand rôle dans la révolution du Jasmin. Elle a soutenu le mouvement et appelé à des «réformes politiques fondées sur la promotion de la démocratie et la consolidation des libertés». Mais pendant le règne de Ben Ali, la direction de l'UGTT a souvent affiché une attitude relativement conciliante à l'égard du pouvoir. Trois personnalités de ce syndicat ont brièvement intégré le gouvernement d'union nationale avant de le quitter le lendemain sur demande de l'organisation.
L'opposition interdite sous Ben Ali :
Rached Ghannouchi (photo prise en 2000). Crédits photo : ODD ANDERSEN/AFP
Moncef Marzouki. Crédits photo : BORIS HORVAT/AFP
Parti communiste des ouvriers de Tunisie - Le PCOT est une petite formation d'extrême gauche dont les activités sont interdites dans le pays, où elle comptait autrefois des nombreux partisans à l'université. Le parti défend un régime parlementaire. Il est dirigé par Hamma Hammami qui, recherché par la police, vivait dans la clandestinité jusqu'à récemment. Il a d'ailleurs été incarcéré plusieurs heures durant la révolution du Jasmin. Le PCOT a annoncé qu'il ne présenterait pas de candidat à la présidentielle.
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Les autres opposants :
Yadh Ben Achour, chargé de la réforme politique au sein du gouvernement d'union nationale, est un intellectuel ayant toujours gardé sa liberté d'esprit.
Slim Amamou, emprisonné pendant la «révolution du Jasmin», est un cyberdissident très actif. Il entre au gouvernement d'union nationale comme secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports.
Mokhtar Trifi, chef de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), n'était pas reconnu par le pouvoir de Ben Ali.
dimanche 23 janvier 2011
Tunisie: le chef de la TV Hannibal arrêté
Larbi Nasra, propriétaire de la chaîne de télévision privée tunisienne Hannibal, a été arrêté sous l'accusation de "haute trahison et complot contre la sécurité de l'Etat" pour avoir voulu favoriser le retour du président déchu Ben Ali, a annoncé l'agence officielle TAP.
"Larbi Nasra oeuvrait par le biais de sa chaîne à faire avorter la révolution des jeunes, semer la désordre, inciter à la désobéissance et à la diffusion de fausses informations dans le but de créer un vide constitutionnel et de saboter la stabilité dans le pays et le pousser vers le chaos", selon une source autorisée citée par l'Agence tunisienne de presse. Cette action était destinée, selon cette source, "à favoriser le retour de l'ancien dictateur Zine El Abidine Ben Ali", qui a fui le pays le 14 janvier pour se réfugier en Arabie Saoudite sous la pression d'une révolte populaire d'un mois sans précédent.
Larbi Nasra a été arrêté en même temps que son fils, Mahdi Nasra, marié à une femme appartenant à la famille de l'épouse de l'ex-président, Leïla Trabelsi et qui travaillait également pour Hannibal, selon la TAP. Tous deux ont été interpellés "en application de l'état d'urgence" décrété le 14 janvier par le gouvernement tunisien alors que Ben Ali fuyait le pays et seront "déférés devant la justice", selon la source citée par la TAP.
Première chaîne privée créée en Tunisie, le 13 février 2004, Hannibal, a interrompu ses émissions, a constaté dimanche l'AFP après l'annonce de cette arrestation, sans qu'on sache la raison précise de cet arrêt des programmes. Cette chaîne généraliste portant le nom du grand stratège carthaginois Hannibal Barca est normalement l'une des plus regardées par les Tunisiens.
Très populaire, elle a révolutionné à ses débuts la couverture des événements sportifs en Tunisie et diffusait des talk-shows au ton relativement libre.
Comment le clan Ben Ali a viré Yves Lecoq de sa villa en Tunisie

Il y a cinq ans, l'imitateur des Guignols de l'info Yves Lecoq, amateur de week-ends en Tunisie, tombe en extase devant une splendide maison à Hammamet : entièrement blanche, érigée dans un parc planté d'arbres centenaires, en bordure de la plage. C'est à peine si l'humoriste remarque la présence de policiers à proximité de la maison.
Yves Lecoq apprend que le propriétaire (français) de cette propriété paradisiaque serait disposé à la lui céder, et il signe rapidement une promesse de vente. La transaction prendra quatre ans avant d'être conclue…
« Ça commençait mal… »
Joint par Rue89, l'imitateur donne quelques précisions sur ce long délai :
« Pour acheter une maison quand on est étranger, même si le vendeur est lui-même étranger, il faut une autorisation du gouverneur. Comme celle-ci ne venait pas, je me suis dit que ça commençait mal… »
Yves Lecoq devient enfin propriétaire de la villa en 2009. Aussitôt l'acte signé, il a le projet, bien naturel, de se rendre dans sa nouvelle demeure.
En arrivant sur place, les clés en poche, des policiers en civil lui interdisent de rentrer chez lui. Il explique qu'il est le nouveau propriétaire, mais les cerbères ne veulent pas en démordre : il ne peut entrer dans sa maison.
Un poste de police chez le voisin
Yves Lecoq constate que sa rue est fermée par une barrière, comme à un poste de douane, et que de nombreux policiers en uniforme et en civil en interdisent l'accès. Il remarque aussi que la maison de gardien de son voisin a été transformée en poste de police.
« Courtoisement » emmené au poste, il est sommé de présenter son passeport pour avoir osé vouloir rentrer chez lui. Lecoq les questionne alors sur son voisinage et découvre que la villa mitoyenne de la sienne, une bâtisse au luxe très ostentatoire, dégoulinante de marbre, est la propriété de l'un des gendres du Président Ben Ali, un jeune homme d'une trentaine d'années, Mohamed Sakher El Materi, époux de Nesrine, 24 ans, l'une des filles du dictateur.
El Materi est également propriétaire d'un établissement bancaire, la banque Zitouna, et s'est emparé, en quelques années, de nombreuses entreprises en Tunisie et de propriétés appartenant à des Tunisiens.
Réveillé par les rugissements d'un lion
Yves Lecoq est enfin autorisé à rentrer chez lui. Il fait chaud, et pour trouver un peu de fraîcheur, Yves Lecoq s'installe un campement de fortune afin de passer la nuit dans son jardin. Il est réveillé en pleine nuit par les rugissements d'un lion.
Le fauve est dans le jardin, il en est sûr. Il appelle au secours. Son gardien arrive précipitamment, le rassure et lui explique que le lion est de l'autre côté du mur, dans le jardin de son voisin. Dans la journée, l'animal dort, écrasé par la chaleur. Mais la nuit, le fauve se réveille et rugit…
Le récit de Lecoq est confirmé dans une dépêche diplomatique révélée par WikiLeaks. L'ambassadeur des Etats-Unis Robert F. Godec raconte son dîner du 27 juillet 2009 dans la propriété de Sakher El Materi, que l'on présente alors comme le successeur de Ben Ali. L'Américain, lui, parle d'un tigre, mais selon Yves Lecoq, il s'agissait bien d'un lion :
« Il avait sa cage juste contre la séparation avec mon jardin. J'ai voulu mettre une clôture, mais El Materi m'a demandé de ne pas le faire. J'étais toujours dans la crainte de représailles, d'autant plus qu'il avait recruté le frère du gardien de ma maison pour avoir des renseignements. »
Un voisin « exigeant, vaniteux et difficile »
Dans le câble révélé par WikiLeaks (qu'on peut lire intégralement en anglais), le diplomate américain qualifie El Materi comme étant « exigeant, vaniteux et difficile », sa femme « naïve et ignorante », pour conclure :
« L'opulence dans laquelle El Materi et Nesrine vivent, ainsi que leur comportement, expliquent clairement pourquoi ils sont, ainsi que d'autres membres de la famille de Ben Ali, détestés et même haïs par certains Tunisiens. »
On apprend aussi que le fauve consomme quatre poulets chaque jour, et que sa présence a rappelé à l'ambassadeur le lion que possédait Udaï Hussein, le fils de Saddam, dans une cage à Bagdad…
Une belle demeure, un bien mal acquis
Au moment où il a acquis la maison, Yves Lecoq n'était pas vraiment au fait des coutumes de la famille régnante.
Il a d'abord été approché par un homme d'affaires franco-tunisien. Empêché de faire des travaux dans sa propre villa, il a fini par renoncer, de guerre lasse. En 2010, quelques mois avant la chute du pouvoir, il a vendu sa maison à Sakher El Materi :
« Apparemment, la télévision tunisienne disait ces jours-ci que je pourrais la récupérer. Mais c'est un bien mal acquis, acheté avec de l'argent qui l'est aussi… Donc je ne sais pas si ce sera possible. »
L'imitateur des Guignols de l'info est un amateur de belles demeures, pas d'embrouilles. En France, il jouit en paix de ses trois châteaux : celui de Villiers-le-Bâcle, où il réside, près de Paris, le château de Maisonseule, en
Ardèche, et sa dernière acquisition, un château en Vendée, terre de ses ancêtres. A la campagne, l'imitateur porte le nom d'Yves Lecoquierre-Duboys de La Vigerie.
samedi 22 janvier 2011
Tunisie : la «caravane de la libération» marche sur la capitale
Tunis, samedi. Au lendemain d'importantes manifestations dans la capitale, des milliers de Tunisiens ont entamé une marche vers Tunis pour réclamer le départ du gouvernement de transition. | AFP / Martin Bureau
Une marche pacifique baptisée «Caravane de la libération» est partie du centre-ouest de la Tunisie avec l'objectif affiché de renverser l'équipe en place. Partis de Menzel Bouzaiane, à 280 km au sud de la capitale, où sont tombées sous les balles de la police les premières victimes de la révolte populaire qui a entraîné la chute du régime Ben Ali, les marcheurs sont arrivés en soirée à Regueb (260 km au sud de Tunis), où la population devait les héberger.
La contestation continue de s'élargir dans la société tunisienne. Alors que la rentrée des classes dans les écoles primaires, fermées comme tous les établissements scolaires depuis le 10 janvier, doit avoir lieu lundi, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a annoncé que les instituteurs allaient entamer une grève illimitée jusqu'à «la dissolution du gouvernement».
Des policiers défilent à visage découvert
Samedi à Tunis, des centaines de policiers avaient manifesté, en civil ou en uniforme, mais à visage découvert, devant le siège du gouvernement. Ils ont bloqué un moment l'accès du bâtiment à la voiture du président tunisien de transition, Foued Mebazaa, avant d'être écartés en douceur par d'autres policiers en service. Le groupe de policiers protestataires s'est joint à d'autres manifestants, en majorité des employés de mairie, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le départ du gouvernement. Vendredi, pour la première fois, des policiers avaient rejoint les manifestations à Tunis et dans plusieurs villes de province. Ils réclament également la création d'un syndicat pour défendre les droits de la profession.
«Nous aussi avons pendant des années été victimes de l'arbitraire de Ben Ali, expliquait samedi un jeune policier de 28 ans sous couvert de l'anonymat. Aujourd'hui, notre vie est menacée, les citoyens nous prennent pour des tueurs. Le peuple veut se venger, mais nous, nous sommes là pour assurer sa sécurité».
Sur le plan international, le Premier ministre tunisien s'est entretenu samedi avec Hillary Clinton et François Fillon. La chef de la diplomatie américaine a affirmé sa «solidarité avec le peuple tunisien et l'appui de son pays à la nouvelle orientation» de la Tunisie, tandis que François Fillon a affirmé le soutien et l'appui de la France «dans tous les domaines».
Par ailleurs, un des frères de la femme de Ben Ali, son épouse, leurs deux enfants et leur gouvernante ont atterri vendredi matin, à bord d'un jet privé, à l'aéroport international de Montréal-Trudeau.
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La contestation continue de s'élargir dans la société tunisienne. Alors que la rentrée des classes dans les écoles primaires, fermées comme tous les établissements scolaires depuis le 10 janvier, doit avoir lieu lundi, l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a annoncé que les instituteurs allaient entamer une grève illimitée jusqu'à «la dissolution du gouvernement».
Des policiers défilent à visage découvert
Samedi à Tunis, des centaines de policiers avaient manifesté, en civil ou en uniforme, mais à visage découvert, devant le siège du gouvernement. Ils ont bloqué un moment l'accès du bâtiment à la voiture du président tunisien de transition, Foued Mebazaa, avant d'être écartés en douceur par d'autres policiers en service. Le groupe de policiers protestataires s'est joint à d'autres manifestants, en majorité des employés de mairie, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le départ du gouvernement. Vendredi, pour la première fois, des policiers avaient rejoint les manifestations à Tunis et dans plusieurs villes de province. Ils réclament également la création d'un syndicat pour défendre les droits de la profession.
«Nous aussi avons pendant des années été victimes de l'arbitraire de Ben Ali, expliquait samedi un jeune policier de 28 ans sous couvert de l'anonymat. Aujourd'hui, notre vie est menacée, les citoyens nous prennent pour des tueurs. Le peuple veut se venger, mais nous, nous sommes là pour assurer sa sécurité».
Sur le plan international, le Premier ministre tunisien s'est entretenu samedi avec Hillary Clinton et François Fillon. La chef de la diplomatie américaine a affirmé sa «solidarité avec le peuple tunisien et l'appui de son pays à la nouvelle orientation» de la Tunisie, tandis que François Fillon a affirmé le soutien et l'appui de la France «dans tous les domaines».
Par ailleurs, un des frères de la femme de Ben Ali, son épouse, leurs deux enfants et leur gouvernante ont atterri vendredi matin, à bord d'un jet privé, à l'aéroport international de Montréal-Trudeau.
Après la "Révolution du jasmin", la "Caravane de la libération"
Des centaines d'habitants du centre-ouest de la Tunisie, d'où est partie la "Révolution du jasmin", ont entamé samedi une marche sur Tunis pour réclamer le départ du gouvernement des caciques de l'ancien régime, selon l'AFP.
Des centaines d'habitants du centre-ouest de la Tunisie, d'où est partie la "Révolution du jasmin", ont entamé samedi une marche sur Tunis, "la Caravane de la libération", pour réclamer le départ du gouvernement des caciques de l'ancien régime, selon un correspondant de l'AFP.
Ils étaient environ 300 à leur départ dans la matinée de la localité de Menzel Bouzaiane, à 280 km au sud de la capitale, mais ont agglutiné d'autres manifestants en chemin et approchaient dans la soirée de la localité de Regueb (centre-ouest) où ils étaient attendus par la population. Selon le correspondant de l'AFP, ils étaient environ 800 dans la soirée. Un syndicaliste qui participe à la marche, Mohamed Fadhel, a avancé le chiffre de 2.500. Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour que d'autres manifestants d'autres régions rejoignent la marche qui compte arriver à Tunis "dans quatre ou cinq jours", selon M. Fadhel.
Des manifestations à Tunis avec des policiers
En attendant, le calme précaire à Tunis a une nouvelle fois été rompu samedi. Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux policiers, défilaient dans le centre de Tunis, demandant la démission du gouvernement dominé par des caciques du régime du président déchu Ben Ali. Des policiers qui manifestaient en civil et en uniforme devant le siège du gouvernement ont bloqué un moment l'accès du bâtiment à la voiture du président tunisien de transition, Foued Mebazaa, avant d'être écartés en douceur par d'autres policiers en service. Le groupe de policiers manifestants s'est joint à un autre groupe protestataires, en majorité des employés de mairie, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le départ du gouvernement.
Les Tunisiens manifestent quotidiennement pour demander la démission du gouvernement d'union nationale formé lundi, trois jours après la fuite en Arabie saoudite du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. Vendredi, pour la première fois, des policiers avaient rejoint les manifestations à Tunis et dans plusieurs villes de province. Ils étaient nombreux samedi à défiler dans le centre-ville de Tunis, arborant un brassard rouge. La population tunisienne exprime ouvertement son hostilité à l'égard de la police, instrument privilégié du pouvoir de Ben Ali, qui s'est illustrée dans la répression sanglante de la "révolution du jasmin", qui a fait 100 morts en un mois selon les Nations unies.
Autre signe que la colère n'est pas retombée : le syndicat tunisien des enseignants du primaire a appelé ses adhérents à observer une grève illimitée dès la rentrée prévue lundi pour exiger "la dissolution du gouvernement", a annoncé samedi à l'AFP un porte-parole de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).
POLEMIQUE - Une enquête sur l'argent qui a servi à les acheter pourrait être ouverte..
POLEMIQUE - Une enquête sur l'argent qui a servi à les acheter pourrait être ouverte...
Dans la période actuelle, il ne fait pas bon être un proche du clan Ben Ali. Slim Chiboub, gendre de l’ex-président tunisien, en fait l’expérience en ce moment. La vingtaine de chevaux de course qu’il possède en France, basés à Chantilly et Marseille, sont suspectés d’avoir été achetés avec l’argent du peuple tunisien. En conséquence, il a commencé à les vendre, a révélé à 20minutes.fr une source travaillant dans le milieu hippique.
Les chevaux vendus ou «passés sous un autre nom»
C’est une bien mauvaise nouvelle pour Slim Chiboub quand le bilan de ses galopeurs s’établit en 2010 à une vingtaine de courses remportées pour un cumul de 582.000 euros de gains. Mais la fin d’une course remportée récemment par l’un d’entre eux à Marseille «a failli tourner au pugilat entre pro et anti-Ben Ali», rapporte cette source qui précise que cela a commencé à donner des frissons à France Galop, en charge des courses hippiques en France.
Alors «les chevaux de Slim Chiboub ont été passés sous un autre nom», celui de leur entraîneur pour la plupart, quand ils n’ont pas été tout simplement vendus. Cependant, dans ce dernier cas, l’argent n’atterrit jamais directement dans la poche du propriétaire, précise notre source, mais «sur un compte France Galop» et celui-ci «servira à payer ses entraîneurs».
Slim Cheboub fait profil bas
Si Slim Cheboub, actuellement à Dubaï, fait profil bas, il «serait un peu précipité de le mettre dans le même sac que Ben Ali, avec qui il n’est pas en odeur de sainteté», d’après l’un des managers qu’il emploie. En effet, l’homme est marié à Dorsaf Ben Ali, l’une des filles issues du premier mariage du président déchu, et «avait été écarté politiquement par les proches de la deuxième première dame», Leïla Trabelsi, a précisé Le Parisien jeudi.
Par ailleurs, Slim Cheboub ne figure pas sur la liste des membres de la famille Ben Ali et Trabelsi recherchés par les nouvelles autorités tunisiennes. Cependant, selon Le Parisien, un homme d’affaires tunisien vivant en France, Salah Harbaoui, a malgré tout déposé mercredi un référé pour faire saisir ses chevaux par Sherpa, une ONG qui figure parmi les auteurs de la plainte visant les faits de recel d'abus de biens sociaux, blanchiment et recel de détournement de fonds publics du clan Ben Ali.
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