Tout es partie de Sidi Bouzid, Tunisie, ce n'est qu'un début, Monde Arabe unissez vous! Révoltez vous! Soutenons nous les uns les autres, prenons notre destins en main, ne nous ne laissons plus être dominé. Tunisiens, Egyptiens, Yémenites, Syriens, Jordaniens, Algériens e tout les autres allons y!!!!
vendredi 28 janvier 2011
Al-Qaïda salue la révolte tunisienne, met en garde contre la France, les USA
DUBAI — Al-Qaïda au Maghreb islamique a salué la révolte en Tunisie et mis en garde ses habitants contre, selon le groupe, la tentative de Paris et Washington de remplacer le président déchu Ben Ali par un de leurs "agents", indique vendredi un centre de surveillance des sites islamistes.
"Votre révolution (...), c'était un tremblement de terre qui a frappé le trône du tyran Ben Ali (...) Le criminel s'est enfui de manière très humiliante", estime dans un communiqué Aqmi, selon le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE).
Les Etats-Unis "et la France, avec les infidèles d'Occident, ne vont accepter aucun changement qui ne serve leurs intérêts en Tunisie. Ils sont en ce moment occupés à trouver un autre agent qui soit acceptable pour eux", poursuit le communiqué publié jeudi sur des forums jihadistes.
Aqmi reproche particulièrement à la France d'avoir "soutenu le tyran Ben Ali jusqu'au dernier moment" et de lui avoir "offert son expertise sur le terrain de l'oppression".
La France et les Etats-Unis "joueront le même sale rôle en Tunisie dans le futur, à moins que les attaques des moujahidine (...) ne les arrêtent", dit le communiqué.
Trois jours avant la fuite de Ben Ali sous la pression de la rue, la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie avait proposé "le savoir-faire" français à la police tunisienne pour "régler les situations sécuritaires".
Le gouvernement français a été sévèrement critiqué pour avoir tardé à condamner la répression des manifestations et à soutenir la révolution du jasmin. Ce n'est qu'au lendemain de la chute de Ben Ali que Paris avait explicitement appuyé ce soulèvement.
Aqmi s'en prend également à l'Arabie saoudite qui a donné l'asile à l'ancien président.
"Celui qui lui a donné refuge (...) est celui qui affirme être le gardien des deux mosquées saintes", dit Aqmi en référence au roi Abdallah.
"S'il avait dans son coeur une once de passion pour (l'islam) (...) il n'aurait pas accepté d'héberger sur cette terre pure un criminel".
Ryad a assuré dimanche avoir voulu contribuer à arrêter "l'effusion de sang" en Tunisie en acceptant de donner asile à Ben Ali, le 14 janvier.
Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés.
"Votre révolution (...), c'était un tremblement de terre qui a frappé le trône du tyran Ben Ali (...) Le criminel s'est enfui de manière très humiliante", estime dans un communiqué Aqmi, selon le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE).
Les Etats-Unis "et la France, avec les infidèles d'Occident, ne vont accepter aucun changement qui ne serve leurs intérêts en Tunisie. Ils sont en ce moment occupés à trouver un autre agent qui soit acceptable pour eux", poursuit le communiqué publié jeudi sur des forums jihadistes.
Aqmi reproche particulièrement à la France d'avoir "soutenu le tyran Ben Ali jusqu'au dernier moment" et de lui avoir "offert son expertise sur le terrain de l'oppression".
La France et les Etats-Unis "joueront le même sale rôle en Tunisie dans le futur, à moins que les attaques des moujahidine (...) ne les arrêtent", dit le communiqué.
Trois jours avant la fuite de Ben Ali sous la pression de la rue, la ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie avait proposé "le savoir-faire" français à la police tunisienne pour "régler les situations sécuritaires".
Le gouvernement français a été sévèrement critiqué pour avoir tardé à condamner la répression des manifestations et à soutenir la révolution du jasmin. Ce n'est qu'au lendemain de la chute de Ben Ali que Paris avait explicitement appuyé ce soulèvement.
Aqmi s'en prend également à l'Arabie saoudite qui a donné l'asile à l'ancien président.
"Celui qui lui a donné refuge (...) est celui qui affirme être le gardien des deux mosquées saintes", dit Aqmi en référence au roi Abdallah.
"S'il avait dans son coeur une once de passion pour (l'islam) (...) il n'aurait pas accepté d'héberger sur cette terre pure un criminel".
Ryad a assuré dimanche avoir voulu contribuer à arrêter "l'effusion de sang" en Tunisie en acceptant de donner asile à Ben Ali, le 14 janvier.
Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés.
Humat Al-Hima
لقد صرخت في عروقنا الدما نموت نموت و يحيا الوطن لتدو السماوات برعدها لترم الصواعق نيرانها إلى عز تونس إلى مجدها رجال البلاد و شبانها فلا عاش في تونس من خانها ولا عاش من ليس من جندها نموت و نحيا على عهدها حياة الكرام و موت العظام ورثنا السواعد بين الأمم صخورا صخورا كهذا البناء سواعد يهتز فوقها العلم نباهي به و يباهي بنا و فيها كفا للعلى والهمم و فيها ضمان لنيل المنى و فيها لأعداء تونس نقم و فيها لمن سالمونا السلام إذا الشعب يوما أراد الحياة فلا بدّ أن يستجيب القدر ولا بد لليل أن ينجلي ولا بد للقيد أن ينكســر | Halummû halummû li-majdi-z-zaman Laqad sarakhat fi 'urûqina-d-dimâ Namûtu namûtu wa yahya-l-watan Litadwi-s-samâwâtu bira'dihâ Litarmi-s-sawâ'iqu nîrânahâ Ilâ 'izzi Tûnis ilâ majdihâ Rijâla-l-bilâdi wa chubbânahâ Falâ 'âcha fî Tûnis man khânahâ Wa lâ 'âcha man laysa min jundihâ Namûtu wa nahyâ 'alâ 'ahdihâ Hayâta-l-kirâmi wa mawta-l-'idhâm Refrain Warithnâ-s-sawâ'ida bayn al-'umam Sukhûran sukhûran kahâdha-l-binâ Sawâ'idu yahtazzou fawqaha-l-'alam Nubâhî bihî wa yubâhî binâ Wa fîhâ kafâ li-l-'ulâ wa-l-himam Wa fîhâ dhamânun linayl-il-munâ Wa fîhâ li'a'dâ'i Tûnis niqam Wa fîhâ liman sâlamûna-s-salâm Refrain Idha-ch-cha'bu yawman 'arâd al-hayâ Falâ budda 'an yastajîb al-qadar Walâ budda li-l-layli an yanjalî Wa lâ budda li-l-qaydi an yankasir Refrain | Donnons ses lettres de gloire à notre temps ! Dans nos veines, le sang a tonné : « Mourrons, Mourrons pour que vive la Patrie ! » Que le tonnerre résonne dans les cieux Et que les éclairs libèrent leurs flammes ! Pour la gloire et la grandeur de la Tunisie ! Les hommes et les jeunes du Pays ! Que ne vive point en Tunisie quiconque la trahit. Que ne vive point en Tunisie qui ne sert pas dans ses rangs ! Nous vivons et mourrons pour l’engagement La vie des Augustes ou la mort des Grands ! Parmi les pays, Nous avons hérité de la vaillance de nos bras : Des rocs aussi durs que cette construction ! Des membres qui tiennent l’étendard de la nation ! Le drapeau est notre fierté et nous sommes la sienne. Nos bras nous propulseront au faîte de l’ardeur et de la grandeur Et seront les garants qui exauceront nos vœux ! Ils se vengeront des ennemis de la Tunisie Et étreindront ceux qui nous voulaient la paix. Lorsqu’un jour, le peuple aspire à vivre Le destin se doit de répondre ! Les ténèbres se dissiperont ! Et les chaînes se briseront ! |
BELHASSEN TRABELSI
BELHASSEN TRABELSI SE TROUVE AU 94 RUE ST THERESE MONREAL H2Y 3V5
VERIFIER SUR GOOGLE MAP.. LES MEDIAS VONT ETRES PRESENTS FAITES CIRCULER
je demande à toutes les personnes disponible de ce rendre à cette adresse et de faire passé le message!! Faite du bruit, faite vous entendre, fait lui peur!!!
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jeudi 27 janvier 2011
[A LIRE] Leçon de stratégie élémentaire
« Ils fomentaient assez la division et les querelles pour que les habitants en fussent tellement occupés qu'ils ne songeassent point à sortir de l'obéissance. »
Machiavel
Aujourd’hui en Tunisie les choses vont vite, très vite. Pour dire les choses le plus simplement du monde, tout se passe tellement vite que l’on ne sait plus où donner de la tête. Et pourtant… pourtant rien ne change. Non, rien. Cela peut ressembler à un paradoxe, mais il ne s’agit que du résultat d’un ensemble de manœuvres politiques élémentaires. Le B-A-BA que tout politicien se doit de connaître pour survivre dans son milieu.
Ces manœuvres, pour basiques qu’elles sont, fonctionnent pour une raison toute simple ; ceux qui en sont les victimes n’ont jamais appris ces techniques et, par conséquent, ils ne peuvent les voir pour ce qu’elles sont. De la même façon qu’un amateur de peinture appréciera une toile sans pouvoir mettre des mots dessus, alors qu’un connaisseur, lui, pourra analyser et comprendre la même toile.
Il s’agit là de mettre à disposition de tous un savoir, une connaissance, qui permettra à chacun de mieux comprendre les manœuvres dont il fait les frais à longueur de journée depuis près de deux longues semaines. L’objectif ici est de proposer à tous de s’attarder un peu sur la manière dont les évènements se déroulent, d’observer ainsi leur enchaînement apparemment chaotique, puis de comprendre le schéma général que tout cela dessine.
Vous ne trouverez là nulle exhortation à l’action, simplement un appel à l’usage raisonné de vos facultés de jugements. La suite, ce sera à vous de la décider, de la dessiner. Trouvez ici l’usage d’outils que l’homme a forgé il y a longtemps en vu de préserver la liberté, mais qui vous ont été retiré par ceux-là qui ne souhaitent pas vous voir les utiliser contre eux ; rappelez vous, l’heure venue, que eux ils n’hésitent pas à les utiliser contre vous.
Il faut partir avant tout du seul constat qui s’impose. Le dimanche 16 janvier au soir, le peuple était plus qu’uni, il ne faisait qu’un, il n’y avait plus en Tunisie ni de clivages sociaux, ni de clivages économiques. Les questions pour tous les tunisiens avaient été réduites à la dernière entre toute, l’ultime, celle de la mort. Face à la mort, nous sommes tous égaux. Et c’est bien ce qui a uni les tunisiens ce dimanche 16 janvier. L’argent ne compte plus face à cette question. Et la manière dont tous les tunisiens avaient eu à faire face à leur mort, ensemble, individuellement et collectivement, les avaient rendu en ce dimanche soir presque invincible. En un autre temps, avec un Hannibal à leur tête, ils auraient pu s’en aller conquérir le monde ce soir là ; nous le savons, tous, au fond de nous. Nous savons quelle force était en nous, quelle foi, quelle fraternité. Nous aurions pu, alors, renverser toutes les tyrannies avec pour seules armes notre courage notre foi et notre unité.
Aujourd’hui… aujourd’hui jeudi 26 janvier… ce jour qui trouve un écho sinistre dans notre histoire… aujourd’hui les tunisiens sont partagés, divisés, morcelés ; chacun pense contre l’autre, et cela au sein même d’une famille. Tous ont leurs avis, qu’ils veulent le bon, l’unique, le meilleur. Chacun nie à l’autre la possibilité d’avoir raison ; aucun ne cherche la vérité, mais tous cherchent à imposer leurs avis.
Comment en une semaine avons-nous pu redevenir à ce point imbéciles, petits, méprisables ? Et bien la réponse est très simple. Il a suffit d’une bonne connaissance de la nature humaine et de quelques leviers employés à bon escient. Mais voilà l’explication :
La stratégie de la division commence au soir du vendredi 14 janvier, alors que le tyran s’en va. À ce moment là une force armée se met à terroriser le peuple. Le but politique de cette intervention était évident, il s’agissait de rappeler une population au calme et à la discipline par la peur. Mais c’était sans compter la vigueur de notre peuple, alors raffermit par sa récente victoire. Les tunisiens se sont alors organisés en comité de surveillance et de protection par quartiers, par cités, innervant alors le pays d’un réseaux de résistance tel qu’on ne l’a vu dans l’histoire du monde qu’en de très rares occasions.
Ceux qui avaient lancés leur force armée à l’encontre du peuple pour le terroriser ont donc du opérer un revirement stratégique en quatre étapes.
La première et la seconde étape se sont déroulées dans le même temps, à savoir du vendredi au lundi. La troisième étape s’est déroulée du 17 janvier au 23 janvier, la dernière est en cours.
La première étape :
Alors que cette force armée[1] a reçu l’ordre de massacrer les populations des quartiers et des zones régionales les plus défavorisées, elle devait préserver de la mort les zones de la Tunisie bourgeoises et aisées, dans ces zones-là, il fallait simplement instaurer un climat de peur et d’insécurité.
Par ailleurs et grâce à cela, l’État d’urgence a pu être maintenu ainsi que son corollaire, le couvre-feu, qui amène l’ensemble des tunisiens à s’isoler en famille dès la fin de l’après-midi.
La seconde étape :
Donner l’impression d’avoir constitué un gouvernement d’union nationale autours de membres de l’opposition légale et de l’UGTT.
Les membres de la véritable opposition, qui n’ont jamais été touchés de près ou de loin par les souillures de la tyrannie, ont été soigneusement tenus à l’écart de tout rapprochement. Ainsi, dans ce gouvernement « d’union nationale » n’apparaissaient que les personnalités politiques tunisiennes qui étaient, d’une part, déjà complices depuis longtemps de la tyrannie[2], et d’autre part, ils étaient les seuls « opposants » à être jamais apparu sur la scène publique tunisienne.
La véritable opposition étant interdite, censurée, effacée soigneusement du champ de vision de la Tunisie et des tunisiens, il était facile alors de prétendre que les possibilités de constituer un autre gouvernement était impossible, puisque effectivement, pour tout ceux qui ne s’étaient jamais intéresser à la politique[3] la scène politique se résumait à ce spectacle bouffon offert par le premier gouvernement d’union nationale[4].
La troisième étape :
L’UGTT accompagnée de certains membres de l’opposition légale se retirent avec bruit et fracas de ce gouvernement[5].
Fort de ce coup d’éclat, ces structures[6] se refont une virginité auprès du peuple tunisien mécontent ; ces structures appellent à la contestation du nouveau gouvernement et à la grève générale. C’est alors que la population commence à se diviser.
D’un côté il y a ceux qui ne veulent pas se compromettre avec des structures honnies et corrompues et qui voient dans ces appels à la grève une manipulation politique au premier degré[7].
De l’autre côté il y a ceux qui, appel à la grève ou pas, avaient prévu d’aller manifester et de demander la destitution de ce gouvernement illégitime et le remplacement des ministres de la tyrannie par des véritables figures de l’opposition qui possèdent l’expérience et les compétences pour mener la mission d’un gouvernement de transition à bien.
Cette division a été entretenue toute la semaine par un usage particulièrement intelligent des réseaux sociaux de la part du pouvoir[8], ainsi que par un usage toujours aussi maitrisé des médias traditionnels que l’on avait prétendument libéré de toute contrainte et de toute propagande.
Enfin, après l’annonce de la réouverture des écoles et lycée et l’appel au retour dans les universités des enseignants du secondaire, un appel à la grève estampillée UGTT a circulé le vendredi 21 janvier. Ce qui n’a fait qu’attiser les passions et les haines le week-end durant. Le dimanche au soir, la rumeur était démentie par l’UGTT. Laissant les mécontents[9] seuls face à ceux qui étaient, au début, contre le mouvement à cause de l’UGTT.
La quatrième étape
Cette étape a commencé le 24 janvier avec l’arrivée de « la caravane de la dignité ». Le pouvoir a, à nouveau, assuré son pouvoir sur les médias, et il use de toute sa maîtrise de la propagande pour montrer les manifestants comme représentant une minorité, un point de vue minoritaire. La séparation est presque achevée puisque le 25 était prévu une contre manifestation pro-gouvernementale.
But
Chaque étape était une manœuvre d’un plan général qui est presque achevé.
La séparation des pauvres et des riches
La première étape consistait à casser l’union qui s’était faite par la destruction des clivages économiques et sociaux. La mort touchant les pauvres, ceux-là ne pouvaient que se radicaliser, alors qu’au contraire, préserver les bourgeois permettait de leur faire réaliser que cela aurait pu être pire, et, du coup, leur faire désirer la paix sociale.
La séparation intérieure du peuple
Le couvre-feu entrainait, quant à lui, un repli de la population par classe sociale et par famille, il empêche l’expérience de la chose commune de se faire à nouveau. Le maintenir entrainait aussi une plus grande perméabilité des populations à la propagande des médias et de l’internet. Une population enfermée est vulnérable et à l’écoute de tous ce qui se passe, cela devient beaucoup plus facile de lui faire avaler toutes les couleuvres que l’on veut.
La séparation des politisés et des dépolitisés
La deuxième étape permettait de diviser ceux qui avaient une culture politique et ceux qui en ont été privé. D’un côté, il y avait l’affirmation qu’autre chose était possible et de l’autre la conviction que rien d’autre que le chaos n’existait.
La séparation des révoltés d’avec eux-mêmes
La troisième étape avait pour but de décrédibiliser l’ensemble des personnes qui refusaient le gouvernement et souhaitaient sa destitution. Ayant décrédibilisé l’ensemble des personnes qui soutenaient cette position politique, la position elle-même est devenu trop facilement attaquable, parce que défendu par des indéfendables. Cette stratégie est vieille comme le monde. Le fait que l’UGTT ait lâché au dernier moment dimanche soir, montre bien que dès le départ il y avait une alliance entre le gouvernement et l’UGTT. Le départ de la centrale syndicale n’ayant été qu’une mise en scène destinée à atteindre l’objectif qui vient d’être décris.
DIVIDE ET IMPERA
La quatrième étape a pour but d’achever cette séparation. Il s’agit maintenant pour chacun d’entre nous de bien comprendre que nous sommes tous, sans exception, au centre d’un maillage social, économique et intellectuel. Et ce maillage est ce qui fait que telle ou telle tactique du pouvoir a plus ou moins bien fonctionnée sur tel ou tel individu. Il nous faut absolument faire comprendre ce qui s’est passé au plus grand nombre, c’est pourquoi je vous enjoins à traduire ce texte en arabe si vous le pouvez, le diffusez le plus possible, parler de cela, expliquer. Ils ont très bien calculé leur coup et ils sont près de gagner. Ils ont appliqué l’une des plus vieilles et des plus efficaces leçons de l’Art Politique : DIVISER POUR MIEUX RÉGNER.
Tunis le 26/01/2011
Shiran Ben Abderrazak
(Source : http://goo.gl/ZvFYe)
[1] À propos de laquelle courent encore les plus folles rumeurs.
[2] La légitimant et recevant de l’argent et d’autres avantages en échange de la soumission politique.
[3] Et ils étaient nombreux, rappelons que nul ne le pouvait par des moyens légaux de toute façon.
[4] Et que cette union fut l’union nationale des menteurs, corrompus et associés, nul ne pensera à le remettre en question. Par ailleurs cette mécanique explique le triste accueille qu’a subis M Marzouki, accueil qu’il ne méritait certainement pas, mais qui est du à un manque de clairvoyance et d’analyse politique assez frappant. Il lui faudra méditer longuement sur ce qu’Ibn Khaldoun écrivait il y a bien longtemps à propos de ces prophètes malheureux qui ne comptaient que sur le prêche de la vérité (Dawa), ne s’appuyant sur aucun soutient populaire (Assabyya).
[5] Cela laisse ce gouvernement dorénavant tout entier aux mains des ministres que le tyran avait placés, tous membres du parti unique RCD.
[6] Ces structures sont complètements corrompues, impliquées dans les malversations financières du pouvoir, les détournements de fonds publics, et, surtout, elles sont décrédibilisées par vingt ans de collaborations et de bons et loyaux services rendus à la tyrannie
[7] C’est à dire que l’UGTT chercherait à gagner un pouvoir politique et à rendre à ses dirigeants une innocence politique.
[8] L’habile diffusion de rumeurs sur les deux factions, le jeu sur les passions et les attachements culturels des uns et des autres a fait de cette division une véritable « affaire publique ».
[9] Ceux là, rappelons-le, n’avaient pas besoin de l’UGTT pour manifester et faire la grève.
Machiavel
Ces manœuvres, pour basiques qu’elles sont, fonctionnent pour une raison toute simple ; ceux qui en sont les victimes n’ont jamais appris ces techniques et, par conséquent, ils ne peuvent les voir pour ce qu’elles sont. De la même façon qu’un amateur de peinture appréciera une toile sans pouvoir mettre des mots dessus, alors qu’un connaisseur, lui, pourra analyser et comprendre la même toile.
Il s’agit là de mettre à disposition de tous un savoir, une connaissance, qui permettra à chacun de mieux comprendre les manœuvres dont il fait les frais à longueur de journée depuis près de deux longues semaines. L’objectif ici est de proposer à tous de s’attarder un peu sur la manière dont les évènements se déroulent, d’observer ainsi leur enchaînement apparemment chaotique, puis de comprendre le schéma général que tout cela dessine.
Vous ne trouverez là nulle exhortation à l’action, simplement un appel à l’usage raisonné de vos facultés de jugements. La suite, ce sera à vous de la décider, de la dessiner. Trouvez ici l’usage d’outils que l’homme a forgé il y a longtemps en vu de préserver la liberté, mais qui vous ont été retiré par ceux-là qui ne souhaitent pas vous voir les utiliser contre eux ; rappelez vous, l’heure venue, que eux ils n’hésitent pas à les utiliser contre vous.
Il faut partir avant tout du seul constat qui s’impose. Le dimanche 16 janvier au soir, le peuple était plus qu’uni, il ne faisait qu’un, il n’y avait plus en Tunisie ni de clivages sociaux, ni de clivages économiques. Les questions pour tous les tunisiens avaient été réduites à la dernière entre toute, l’ultime, celle de la mort. Face à la mort, nous sommes tous égaux. Et c’est bien ce qui a uni les tunisiens ce dimanche 16 janvier. L’argent ne compte plus face à cette question. Et la manière dont tous les tunisiens avaient eu à faire face à leur mort, ensemble, individuellement et collectivement, les avaient rendu en ce dimanche soir presque invincible. En un autre temps, avec un Hannibal à leur tête, ils auraient pu s’en aller conquérir le monde ce soir là ; nous le savons, tous, au fond de nous. Nous savons quelle force était en nous, quelle foi, quelle fraternité. Nous aurions pu, alors, renverser toutes les tyrannies avec pour seules armes notre courage notre foi et notre unité.
Aujourd’hui… aujourd’hui jeudi 26 janvier… ce jour qui trouve un écho sinistre dans notre histoire… aujourd’hui les tunisiens sont partagés, divisés, morcelés ; chacun pense contre l’autre, et cela au sein même d’une famille. Tous ont leurs avis, qu’ils veulent le bon, l’unique, le meilleur. Chacun nie à l’autre la possibilité d’avoir raison ; aucun ne cherche la vérité, mais tous cherchent à imposer leurs avis.
Comment en une semaine avons-nous pu redevenir à ce point imbéciles, petits, méprisables ? Et bien la réponse est très simple. Il a suffit d’une bonne connaissance de la nature humaine et de quelques leviers employés à bon escient. Mais voilà l’explication :
La stratégie de la division commence au soir du vendredi 14 janvier, alors que le tyran s’en va. À ce moment là une force armée se met à terroriser le peuple. Le but politique de cette intervention était évident, il s’agissait de rappeler une population au calme et à la discipline par la peur. Mais c’était sans compter la vigueur de notre peuple, alors raffermit par sa récente victoire. Les tunisiens se sont alors organisés en comité de surveillance et de protection par quartiers, par cités, innervant alors le pays d’un réseaux de résistance tel qu’on ne l’a vu dans l’histoire du monde qu’en de très rares occasions.
Ceux qui avaient lancés leur force armée à l’encontre du peuple pour le terroriser ont donc du opérer un revirement stratégique en quatre étapes.
La première et la seconde étape se sont déroulées dans le même temps, à savoir du vendredi au lundi. La troisième étape s’est déroulée du 17 janvier au 23 janvier, la dernière est en cours.
La première étape :
Alors que cette force armée[1] a reçu l’ordre de massacrer les populations des quartiers et des zones régionales les plus défavorisées, elle devait préserver de la mort les zones de la Tunisie bourgeoises et aisées, dans ces zones-là, il fallait simplement instaurer un climat de peur et d’insécurité.
Par ailleurs et grâce à cela, l’État d’urgence a pu être maintenu ainsi que son corollaire, le couvre-feu, qui amène l’ensemble des tunisiens à s’isoler en famille dès la fin de l’après-midi.
La seconde étape :
Donner l’impression d’avoir constitué un gouvernement d’union nationale autours de membres de l’opposition légale et de l’UGTT.
Les membres de la véritable opposition, qui n’ont jamais été touchés de près ou de loin par les souillures de la tyrannie, ont été soigneusement tenus à l’écart de tout rapprochement. Ainsi, dans ce gouvernement « d’union nationale » n’apparaissaient que les personnalités politiques tunisiennes qui étaient, d’une part, déjà complices depuis longtemps de la tyrannie[2], et d’autre part, ils étaient les seuls « opposants » à être jamais apparu sur la scène publique tunisienne.
La véritable opposition étant interdite, censurée, effacée soigneusement du champ de vision de la Tunisie et des tunisiens, il était facile alors de prétendre que les possibilités de constituer un autre gouvernement était impossible, puisque effectivement, pour tout ceux qui ne s’étaient jamais intéresser à la politique[3] la scène politique se résumait à ce spectacle bouffon offert par le premier gouvernement d’union nationale[4].
La troisième étape :
L’UGTT accompagnée de certains membres de l’opposition légale se retirent avec bruit et fracas de ce gouvernement[5].
Fort de ce coup d’éclat, ces structures[6] se refont une virginité auprès du peuple tunisien mécontent ; ces structures appellent à la contestation du nouveau gouvernement et à la grève générale. C’est alors que la population commence à se diviser.
D’un côté il y a ceux qui ne veulent pas se compromettre avec des structures honnies et corrompues et qui voient dans ces appels à la grève une manipulation politique au premier degré[7].
De l’autre côté il y a ceux qui, appel à la grève ou pas, avaient prévu d’aller manifester et de demander la destitution de ce gouvernement illégitime et le remplacement des ministres de la tyrannie par des véritables figures de l’opposition qui possèdent l’expérience et les compétences pour mener la mission d’un gouvernement de transition à bien.
Cette division a été entretenue toute la semaine par un usage particulièrement intelligent des réseaux sociaux de la part du pouvoir[8], ainsi que par un usage toujours aussi maitrisé des médias traditionnels que l’on avait prétendument libéré de toute contrainte et de toute propagande.
Enfin, après l’annonce de la réouverture des écoles et lycée et l’appel au retour dans les universités des enseignants du secondaire, un appel à la grève estampillée UGTT a circulé le vendredi 21 janvier. Ce qui n’a fait qu’attiser les passions et les haines le week-end durant. Le dimanche au soir, la rumeur était démentie par l’UGTT. Laissant les mécontents[9] seuls face à ceux qui étaient, au début, contre le mouvement à cause de l’UGTT.
La quatrième étape
Cette étape a commencé le 24 janvier avec l’arrivée de « la caravane de la dignité ». Le pouvoir a, à nouveau, assuré son pouvoir sur les médias, et il use de toute sa maîtrise de la propagande pour montrer les manifestants comme représentant une minorité, un point de vue minoritaire. La séparation est presque achevée puisque le 25 était prévu une contre manifestation pro-gouvernementale.
But
Chaque étape était une manœuvre d’un plan général qui est presque achevé.
La séparation des pauvres et des riches
La première étape consistait à casser l’union qui s’était faite par la destruction des clivages économiques et sociaux. La mort touchant les pauvres, ceux-là ne pouvaient que se radicaliser, alors qu’au contraire, préserver les bourgeois permettait de leur faire réaliser que cela aurait pu être pire, et, du coup, leur faire désirer la paix sociale.
La séparation intérieure du peuple
Le couvre-feu entrainait, quant à lui, un repli de la population par classe sociale et par famille, il empêche l’expérience de la chose commune de se faire à nouveau. Le maintenir entrainait aussi une plus grande perméabilité des populations à la propagande des médias et de l’internet. Une population enfermée est vulnérable et à l’écoute de tous ce qui se passe, cela devient beaucoup plus facile de lui faire avaler toutes les couleuvres que l’on veut.
La séparation des politisés et des dépolitisés
La deuxième étape permettait de diviser ceux qui avaient une culture politique et ceux qui en ont été privé. D’un côté, il y avait l’affirmation qu’autre chose était possible et de l’autre la conviction que rien d’autre que le chaos n’existait.
La séparation des révoltés d’avec eux-mêmes
La troisième étape avait pour but de décrédibiliser l’ensemble des personnes qui refusaient le gouvernement et souhaitaient sa destitution. Ayant décrédibilisé l’ensemble des personnes qui soutenaient cette position politique, la position elle-même est devenu trop facilement attaquable, parce que défendu par des indéfendables. Cette stratégie est vieille comme le monde. Le fait que l’UGTT ait lâché au dernier moment dimanche soir, montre bien que dès le départ il y avait une alliance entre le gouvernement et l’UGTT. Le départ de la centrale syndicale n’ayant été qu’une mise en scène destinée à atteindre l’objectif qui vient d’être décris.
DIVIDE ET IMPERA
La quatrième étape a pour but d’achever cette séparation. Il s’agit maintenant pour chacun d’entre nous de bien comprendre que nous sommes tous, sans exception, au centre d’un maillage social, économique et intellectuel. Et ce maillage est ce qui fait que telle ou telle tactique du pouvoir a plus ou moins bien fonctionnée sur tel ou tel individu. Il nous faut absolument faire comprendre ce qui s’est passé au plus grand nombre, c’est pourquoi je vous enjoins à traduire ce texte en arabe si vous le pouvez, le diffusez le plus possible, parler de cela, expliquer. Ils ont très bien calculé leur coup et ils sont près de gagner. Ils ont appliqué l’une des plus vieilles et des plus efficaces leçons de l’Art Politique : DIVISER POUR MIEUX RÉGNER.
Tunis le 26/01/2011
Shiran Ben Abderrazak
(Source : http://goo.gl/ZvFYe)
[1] À propos de laquelle courent encore les plus folles rumeurs.
[2] La légitimant et recevant de l’argent et d’autres avantages en échange de la soumission politique.
[3] Et ils étaient nombreux, rappelons que nul ne le pouvait par des moyens légaux de toute façon.
[4] Et que cette union fut l’union nationale des menteurs, corrompus et associés, nul ne pensera à le remettre en question. Par ailleurs cette mécanique explique le triste accueille qu’a subis M Marzouki, accueil qu’il ne méritait certainement pas, mais qui est du à un manque de clairvoyance et d’analyse politique assez frappant. Il lui faudra méditer longuement sur ce qu’Ibn Khaldoun écrivait il y a bien longtemps à propos de ces prophètes malheureux qui ne comptaient que sur le prêche de la vérité (Dawa), ne s’appuyant sur aucun soutient populaire (Assabyya).
[5] Cela laisse ce gouvernement dorénavant tout entier aux mains des ministres que le tyran avait placés, tous membres du parti unique RCD.
[6] Ces structures sont complètements corrompues, impliquées dans les malversations financières du pouvoir, les détournements de fonds publics, et, surtout, elles sont décrédibilisées par vingt ans de collaborations et de bons et loyaux services rendus à la tyrannie
[7] C’est à dire que l’UGTT chercherait à gagner un pouvoir politique et à rendre à ses dirigeants une innocence politique.
[8] L’habile diffusion de rumeurs sur les deux factions, le jeu sur les passions et les attachements culturels des uns et des autres a fait de cette division une véritable « affaire publique ».
[9] Ceux là, rappelons-le, n’avaient pas besoin de l’UGTT pour manifester et faire la grève.
Casse-tête en Tunisie: qui va juger les crimes de Ben Ali et sa famille ?
Beaucoup de Tunisiens veulent voir Zine el-Abidine Ben Ali, sa famille, et ceux qui ont profité de son régime, traduits devant les tribunaux. Pour les crimes qu’ils ont commis, et pour l’argent volé au pays. Parmi les manifestants réunis ce jeudi sur la place de la Kasbah de Tunis, lieu de mobilisation contre l’actuel gouvernement, certains réclamaient que l’ancien président soit jugé pour « crimes contre l’humanité ». « C’est un meurtrier, un meurtrier !», crie une femme.
Le gouvernement tunisien a demandé à Interpol l’arrestation de Ben Ali, qui est réfugié en Arabie Saoudite, afin qu’il soit jugé à Tunis. Une « mission corruption » créée par les actuels dirigeants sous la pression de la société civile, doit enquêter par ailleurs sur l’argent détourné par les Ben Ali et leur affidés.Mais, pour les avocats, sa composition fait peser des doutes sur son impartialité. Ils n’ont pas été invités à y participer, pas plus que les magistrats.
«La mission se compose d’experts-comptables et d’universitaires qui ne se sont pas distingués par leur indépendance vis-à-vis du régime Ben Ali », note un avocat.
A terme, il faudra ainsi réformer la justice et notamment le Conseil supérieur de la magistrature aujourd’hui présidé par le Président de la République et dont le vice-président est le ministre de la Justice. Pour l’heure, les juges tunisiens ne bénéficient pas du principe d’« inamovibilité ». S’ils déplaisent, « ils peuvent être déplacés comme des pions », observe l’ancienne magistrate. « Il est difficile d’enclencher des procédures avant que ces questions là soient réglées », ajoute-t-elle. Ce qui peut se faire rapidement.
Pour autant, la modification des conditions de nomination et de carrière des juges ne règlera pas tous les problèmes. « Il y a 1800 magistrats en Tunisie. Est-ce qu’on va confier nos droits à ces gens-là? Je dis non », déclare un avocat. « 1800 magistrats, c’est à peine la moitié de ce qu’il vous faudrait, ils ne seront pas si faciles à remplacer, vous n’avez pas de réserve toute prête », rétorque la députée. D’autres pays ont été confrontés au même problème: « L’Afrique du Sud, le Kosovo, tous les pays où il y a un changement de gouvernement s’y sont heurtés, rappelle Eva Joly. Au Kosovo, tous les magistrats ont été licenciés, un recrutement par concours a été organisé, et 1/3 des anciens magistrats ont été repris ».
Certains magistrats tunisiens seront sans doute prêts à travailler avec un autre gouvernement. Autre possibilité, ouvrir cette profession aux avocats.
Un avocat prend la parole: quel type de procédure choisir? La cour pénale internationale ou les tribunaux nationaux? « La CPI intervient à titre subsidiaire, répond Eva Joly, lorsque la justice d’un pays ne peut pas ou ne veut pas conduire une affaire.
Un autre avocat s’inquiète: « Je crains que les informations sur les gens qui ont été torturés se trouvent au ministère de l’Intérieur. Il faut sécuriser ce qu’il peut y avoir comme registres ». Certains ministères ont déjà commencé à faire le ménage.
Le gouvernement tunisien a demandé à Interpol l’arrestation de Ben Ali, qui est réfugié en Arabie Saoudite, afin qu’il soit jugé à Tunis. Une « mission corruption » créée par les actuels dirigeants sous la pression de la société civile, doit enquêter par ailleurs sur l’argent détourné par les Ben Ali et leur affidés.Mais, pour les avocats, sa composition fait peser des doutes sur son impartialité. Ils n’ont pas été invités à y participer, pas plus que les magistrats.
«La mission se compose d’experts-comptables et d’universitaires qui ne se sont pas distingués par leur indépendance vis-à-vis du régime Ben Ali », note un avocat.
« Il y a 1800 magistrats en Tunisie. Est-ce qu’on va confier nos droits à ces gens-là? Je dis non »
En admettant même que les scandales de l’ère Ben Ali arrivent devant les tribunaux, comment espérer qu’une magistrature, totalement aux ordres de l’ancien pouvoir, puisse instruire ces dossiers et les juger en toute impartialité? En visite en Tunisie, pour soutenir la révolution, l’ancienne magistrate Eva Joly, députée verte européenne et possible candidate à l’élection présidentielle de 2012, a rencontré des avocats, et tenté d’apporter quelques réponses. La discussion a été plus technique que politique et a illustré les difficultés auxquelles sont confrontés les Tunisiens.A terme, il faudra ainsi réformer la justice et notamment le Conseil supérieur de la magistrature aujourd’hui présidé par le Président de la République et dont le vice-président est le ministre de la Justice. Pour l’heure, les juges tunisiens ne bénéficient pas du principe d’« inamovibilité ». S’ils déplaisent, « ils peuvent être déplacés comme des pions », observe l’ancienne magistrate. « Il est difficile d’enclencher des procédures avant que ces questions là soient réglées », ajoute-t-elle. Ce qui peut se faire rapidement.
Pour autant, la modification des conditions de nomination et de carrière des juges ne règlera pas tous les problèmes. « Il y a 1800 magistrats en Tunisie. Est-ce qu’on va confier nos droits à ces gens-là? Je dis non », déclare un avocat. « 1800 magistrats, c’est à peine la moitié de ce qu’il vous faudrait, ils ne seront pas si faciles à remplacer, vous n’avez pas de réserve toute prête », rétorque la députée. D’autres pays ont été confrontés au même problème: « L’Afrique du Sud, le Kosovo, tous les pays où il y a un changement de gouvernement s’y sont heurtés, rappelle Eva Joly. Au Kosovo, tous les magistrats ont été licenciés, un recrutement par concours a été organisé, et 1/3 des anciens magistrats ont été repris ».
Certains magistrats tunisiens seront sans doute prêts à travailler avec un autre gouvernement. Autre possibilité, ouvrir cette profession aux avocats.
Un avocat prend la parole: quel type de procédure choisir? La cour pénale internationale ou les tribunaux nationaux? « La CPI intervient à titre subsidiaire, répond Eva Joly, lorsque la justice d’un pays ne peut pas ou ne veut pas conduire une affaire.
Un autre avocat s’inquiète: « Je crains que les informations sur les gens qui ont été torturés se trouvent au ministère de l’Intérieur. Il faut sécuriser ce qu’il peut y avoir comme registres ». Certains ministères ont déjà commencé à faire le ménage.
La Tunisie recherche son Président chassé du pouvoir et plusieurs membres de sa famille par le canal d’INTERPOL
LYON (France) – INTERPOL confirme que son Bureau central national (B.C.N.) de Tunis a diffusé une alerte mondiale via le réseau international de l’Organisation, en vue de la localisation et de l’arrestation de l’ancien Président tunisien Zine al-Abidine Ben Ali et de six membres de sa famille. Comme l’indiquent les autorités tunisiennes dans les médias aujourd’hui, M. Ben Ali et certains membres de sa famille sont recherchés en Tunisie pour présomption de vol et transfert illicite de devises étrangères.
L’alerte (ou « diffusion INTERPOL ») contient les noms des personnes recherchées ainsi que différentes informations à leur sujet. Elle a été transmise directement par le B.C.N. de Tunis via le réseau de communication policière sécurisée d’INTERPOL, I-24/7, aux 187 autres pays membres de l’Organisation. Contrairement aux notices rouges INTERPOL concernant des personnes recherchées au niveau international, qui sont publiées à la demande des pays membres par le siège du Secrétariat général de l’Organisation, à Lyon, les diffusions sont transmises directement par les B.C.N. INTERPOL, sans intervention du Secrétariat général.
Dans la diffusion qu’il a envoyée, le B.C.N. de Tunis demande aux pays membres d’INTERPOL de rechercher et de localiser M. Ali et ses proches, et de procéder à leur arrestation provisoire en vue de leur extradition vers Tunis. Lorsque ces personnes seront localisées, les autorités tunisiennes transmettront des demandes officielles d’extradition par la voie diplomatique.
INTERPOL n’envoie pas d’agents pour procéder aux arrestations : celles-ci sont opérées par les services chargés de l’application de la loi des différents pays, conformément à leurs législations nationales respectives.
Toute demande d’information complémentaire sur la diffusion envoyée par la Tunisie concernant ces sept personnes et sur le fait qu’elles soient recherchées doit être adressée aux autorités tunisiennes.
L’alerte (ou « diffusion INTERPOL ») contient les noms des personnes recherchées ainsi que différentes informations à leur sujet. Elle a été transmise directement par le B.C.N. de Tunis via le réseau de communication policière sécurisée d’INTERPOL, I-24/7, aux 187 autres pays membres de l’Organisation. Contrairement aux notices rouges INTERPOL concernant des personnes recherchées au niveau international, qui sont publiées à la demande des pays membres par le siège du Secrétariat général de l’Organisation, à Lyon, les diffusions sont transmises directement par les B.C.N. INTERPOL, sans intervention du Secrétariat général.
Dans la diffusion qu’il a envoyée, le B.C.N. de Tunis demande aux pays membres d’INTERPOL de rechercher et de localiser M. Ali et ses proches, et de procéder à leur arrestation provisoire en vue de leur extradition vers Tunis. Lorsque ces personnes seront localisées, les autorités tunisiennes transmettront des demandes officielles d’extradition par la voie diplomatique.
INTERPOL n’envoie pas d’agents pour procéder aux arrestations : celles-ci sont opérées par les services chargés de l’application de la loi des différents pays, conformément à leurs législations nationales respectives.
Toute demande d’information complémentaire sur la diffusion envoyée par la Tunisie concernant ces sept personnes et sur le fait qu’elles soient recherchées doit être adressée aux autorités tunisiennes.
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