mercredi 19 janvier 2011

Alliot-Marie, DSK, Mitterrand, ils se sont tous levés pour Ben Ali!

Tefy Andriamanana - Marianne

Janvier 2011, la France découvre que des hommes de vertu sont prêts à soutenir une dictature pour un contrat ou une villa en bord de mer.



Il fallait s'y attendre. A peine Ben Ali avait-il quitté Tunis que le passé diplomatique de plusieurs personnalités françaises a ressurgi. Toutes ont été accusées de complaisance envers le régime tunisien. La dénonciation est sans doute louable mais sûrement tardive.

Michelle Alliot-Marie a été épinglée pour son initiative un peu à contretemps consistant à proposer une aide policière à l'anciern régime juste avant la fuite de Ben Ali. Elle a d'ailleurs dénoncé une campagne malveillante voulant lui faire dire « le contraire de ce qu'elle voulait dire ». Mais la ministre est connue de longue date dans les milieux parisiens pour sa très grande proximité avec le pays.

Dominique Strauss-Kahn constitue le plus beau morceau de bravoure. En visite à Carthage en novembre 2008, le directeur du FMI avait vanté les mérites du modèle économique tunisien : « L'économie tunisienne va bien (...) la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c'est un bon exemple à suivre pour les pays émergents ». A la bonne heure ! Et dire que les amis de Strauss-Kahn mettent la dernière main au storytelling de leur champion qui aurait rendu le FMI plus social.... La vidéo immortalisant la rencontre Ben Ali-Strauss-Kahn dépasse allègrement les 100 000 visites. 
 

 
 Idem pour Frédéric Mitterrand. L'amiral Jacques Lanxade, ex-ambassadeur en Tunisie, avait révélé qu'il avait obtenu la nationalité tunisienne directement de Ben Ali. Il possèderait également une maison sur place. Mitterrand a également été décoré de l'insigne d’Officier du Mérite culturel tunisien et de celui du Grand Officier de l’ordre du 7 novembre.

Le ministre de la Culture avait fait polémique en déclarant sur Canal+ en plein mouvement tunisien : « Dire que la Tunisie est une dictature univoque comme on le fait si souvent me semble tout à fait exagéré ».


Jacques Séguéla s'est aussi fait piéger. Selon Bakchich, le publicitaire aurait été le conseiller en communication de Ben Ali. C'est lui qui aurait servi de coach pour l'intervention de l'ex-chef de l'Etat à la télévision le 10 janvier. Mais Jacques Séguéla a démenti ses informations.

Ces révélations montrent que les marchands d'armes ou au Quai d'Orsay n'ont pas le monopole de la realpolitik. On peut être le socialiste favori des sondages, ministre de la Culture « d'ouverture » ou publicitaire mondain et placer ses intérêts avant sa conscience. On peut parier que des activistes cherchent déjà les casseroles de Serge Moati ou Bertrand Delanoë. Et dans les dîners en ville, certains doivent déjà craindre la chute du prochain dictateur méditerranéen et les révélations qui vont suivre. 

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