dimanche 16 janvier 2011

Déclarations officielles françaises à propos des derniers événements en Tunisie

A vous de faire votre propre opinions!

Communiqué de la présidence de la République 
15 janvier 2011

"La politique de la France est fondée sur deux principes constants :
- la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain,
- le soutien à la démocratie et à la liberté.
Depuis plusieurs semaines, le peuple tunisien exprime sa volonté de démocratie. La France, que tant de liens d’amitié unissent à la Tunisie, lui apporte un soutien déterminé.
La France appelle à l’apaisement et à la fin des violences. Elle demande l’organisation d’élections libres dans les meilleurs délais.
Dans cette période cruciale pour la Tunisie, la France est prête à répondre à toute demande de concours afin que le processus démocratique se déroule de la façon la plus incontestable.
Enfin, la France a pris les dispositions nécessaires pour que les mouvements financiers suspects concernant des avoirs tunisiens en France soient bloqués administrativement, conformément à la législation. Elle est à la disposition des autorités constitutionnelles pour répondre, sans délai, à toute demande sur des avoirs tunisiens en France."

Communiqué de la présidence de la République 
14 janvier 2011

"La France prend acte de la transition constitutionnelle annoncée par le Premier ministre Ghannouchi.
La France souhaite l’apaisement et la fin des violences. Seul le dialogue peut apporter une solution démocratique et durable à la crise actuelle. La France se tient aux cotés du peuple tunisien dans cette période décisive."
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Communiqué de l’Élysée

Déclaration officielle du quai d’Orsay (14 janvier 2011)

La France "n’a reçu aucune demande d’accueil" du président Tunisien en fuite Zine El Abidine Ben Ali et examinerait une éventuelle requête "en accord avec les autorités constitutionnelles Tunisiennes", a fait savoir vendredi le ministère des Affaires étrangères.
"La France n’a reçu aucune demande d’accueil de monsieur Ben Ali. Au cas où cette demande se présenterait, la France apporterait sa réponse en accord avec les autorités constitutionnelles Tunisiennes", a indiqué officiellement le ministère à l’Agence France presse.

Point de presse du 14 janvier 2011

Question – Quelle est la réaction de la France aux mesures annoncées par le président Ben Ali dans son allocution télévisée d’hier soir ?
R – Nous avons écouté attentivement les mesures annoncées par le Président tunisien pour ramener le calme et faire retomber la violence, ainsi que des décisions annoncées en faveur de l’ouverture politique et démocratique de la Tunisie.
Nous encourageons les autorités tunisiennes à poursuivre dans cette voie afin de répondre aux attentes que le Président Ben Ali a entendues. Nous appelons à la fin des violences en notant positivement les engagements du Président tunisien à cet égard.
Nous sommes aux côtés de la Tunisie et des Tunisiens pour les aider à surmonter l’épreuve qu’elle vient de traverser à travers la mise en œuvre des importantes réformes annoncées.
Question –Al-Qaida a dit de soutenir le mouvement de protestation qui se produit e ce moment en Tunisie. Est-ce que vous craignez qu’Al-Qaida s’empare véritablement du mouvement ?
Réponse – Il ne me semble pas que ce soit organisation terroriste qui soit le compagnon de route idéal pour faire avancer les choses dans le sens de l’apaisement et du progrès démocratique. Je n’en dirai pas plus.
En revanche, ce qui est intéressant c’est de voir tout d’abord les engagements qui ont été pris par le président Ben Ali et de voir comment ils vont être ensuite pour beaucoup d’entre eux concrètement mis en œuvre.
Je rappelle que notre objectif est la fin des violences, l’apaisement et la reprise du dialogue.
Question – Est-ce qu’il y a ou est-ce qu’il va y avoir des nouvelles consignes aux voyageurs ? On apprend que le voyagiste Thomas Cook a décidé de faire revenir 2 500 touristes allemands.
Que répondez-vous aux critiques de l’opposition sur les prises de position du ministre, notamment sur l’aide en matière de coopération sécuritaire ? Notamment M. Besancenot qui demande au ministre d’Etat de démissionner pour ces propos.
Réponse – Sur la sécurité et les conseils aux voyageurs en Tunisie, notre dispositif se présente de la manière suivante :
- premièrement, les conseils aux voyageurs relayés sur place : faire attention, ne pas se présenter dans les lieux où il y a des rassemblements, des manifestations, parce qu’il peut y avoir des violences.
- le deuxième dispositif qui est en place c’est toute la mobilisation de l’ambassade, du consulat général et de notre réseau consulaire dans le pays de manière être toujours prêt à aider nos compatriotes qui seraient dans des situations compliquées.
- dernier élément, notre consulat général à Tunis a ouvert une cellule de réponse téléphonique que l’on peut joindre pour s’enquérir H24 de la situation à tel ou tel moment.
Question – Combien y-a-t-il de Français en Tunisie ?
Réponse – 21 ou 22 000 résidents immatriculés au consulat, dont les binationaux. Les double-nationaux seraient aux alentours de 15 ou 16 000. Il y a évidemment la marge d’incertitude statistique des touristes.
Question – Il y a une seule victime française ?
Réponse – À ma connaissance oui.

Point de presse du 13 janvier 2011

Questions - Pouvez-vous confirmer que Hatem Bettahar, professeur d’informatique à l’Université de technologie de Compiègne, tué mercredi par balles à Douz, est bien franco-tunisien ? Que répondez-vous aux critiques qui reprochent au gouvernement français de ne pas condamner nettement la répression ? Condamnez-vous les tirs à balles réelles par la police ? Quel savoir-faire peut apporter la France aux forces de l’ordre tunisiennes, pour mieux réagir aux manifestations, comme l’a évoqué devant l’Assemblée nationale Michèle Alliot-Marie ?
Réponse - Notre consulat général à Tunis a pu recueillir des informations qui confirment que M. Bettahar, enseignant à l’université de Compiègne, est décédé le 12 janvier.
Notre ambassade et notre consulat général sont pleinement mobilisés pour déterminer les circonstances exactes du décès de notre compatriote et interviennent en ce sens auprès des autorités tunisiennes.
Nos représentants diplomatiques et consulaires sont en contact avec la famille du défunt.
En ce qui concerne votre seconde question, comme vous le savez la France dispose d’un savoir-faire reconnu en matière de maintien de l’ordre dans le respect de l’usage proportionné de la force afin d’éviter des victimes. La France participe ainsi à la formation au maintien de l’ordre avec de nombreux pays.

Point de presse du 12 janvier 2011

Question - Quelle est votre réaction au déploiement de l’armée dans Tunis ?
Réponse - Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et européennes, s’est exprimée hier après-midi devant la représentation nationale : « Aujourd’hui, face à cette situation, la priorité doit aller à l’apaisement après des affrontements qui ont fait des morts. »
Le ministre d’État a également rappelé que nous demandons « que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité. »
L’évolution de la situation en Tunisie et à Tunis même appelle plus que jamais à privilégier la voix de l’apaisement et du dialogue.

Point de presse du 11 janvier 2011

Question - Sur la Tunisie, est-ce que vous êtes toujours au bilan de 14 morts que vous évoquiez hier ?
Réponse - Je lis sur une dépêche d’agence d’autres chiffres qui viennent de tomber. Nous avons exprimé hier notre préoccupation, notre appel à l’apaisement et notre souci de voir un dialogue s’instaurer. Le porte-parole du gouvernement, M. Baroin, s’est exprimé également sur le sujet.
Question - C’est un chiffre que vous reprenez ?
Réponse - Il faut que l’on vérifie ces chiffres. D’une part ils varient, d’autre part les sources sont différentes. Je le rappelle, ce qui est important pour nous aujourd’hui, comme l’a dit M. Baroin, c’est que l’apaisement revienne très vite en Tunisie, que les tensions s’apaisent, qu’un dialogue s’instaure de manière à ce que des solutions puissent être apportées aux problèmes économiques et sociaux que connaît la Tunisie.

Point de presse du 10 janvier 2011

Questions - Condamnez-vous la réaction très dure des autorités tunisiennes, qui ont fait tirer sur des manifestants, selon l’opposition ? Les appelez-vous à la modération et à la retenue ?
Selon vos informations, tous les blogueurs tunisiens arrêtés au cours des derniers jours ont-ils été relâchés par les autorités ? Si la réponse est négative, demandez-vous leur libération ?
Peut-on envisager, que ce soit a Paris ou a Bruxelles, d’imposer des sanctions a l’égard de la Tunisie en vue de la répression qu’on a pu observer ce week end ?
Les violences peuvent-elles, selon vous, avoir un impact sur les négociations en cours avec l’Union européenne sur le « statut avancé » demandé par la Tunisie ?
Réponse - Nous déplorons les violences, qui ont fait des victimes, et appelons à l’apaisement. Nous sommes profondément attristés par le bilan humain des affrontements meurtriers du week-end en Tunisie. On compterait au moins 14 morts et de nombreux blessés.
Nous n’avons pas d’information précise à ce stade sur les blogueurs tunisiens arrêtés. Nous rappelons notre attachement à la liberté d’expression en Tunisie et partout dans le monde.
La Tunisie est confrontée à des problèmes économiques et sociaux. Seul le dialogue permettra aux Tunisiens de les surmonter. La coopération entre la France et la Tunisie, qui est fortement orientée sur l’emploi, le restera.
Aujourd’hui, l’urgence en Tunisie est à l’apaisement.

Point de presse du 7 janvier 2011

Question - La France va-t-elle protester auprès du gouvernement tunisien après l’arrestation de blogueurs et d’internautes ces derniers jours ?
Réponse - J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les troubles sociaux en Tunisie. Je vous rappelle que le ministre d’État rencontre aujourd’hui à 18h son homologue tunisien.

Point de presse du 6 janvier 2011

Question - En dépit des manifestations, troubles sociaux, voire émeutes qui se sont produits, vos consignes aux voyageurs et aux résidents français n’ont pas été modifiées. Considérez-vous que ces évènements sont sans incidence sur la sécurité des Français ? (Une concession Renault a été incendiée à Alger à cet égard)
Réponse - Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’expliquer, les conseils aux voyageurs sont régulièrement actualisés, en fonction d’une évaluation de la menace à laquelle nous procédons de manière approfondie.
Concernant la Tunisie, la région de Sidi Bouzid n’est pas une destination touristique principalement fréquentée par les Français. Pour l’Algérie, la zone orange figurant sur le site Conseils aux voyageurs signale déjà que les déplacements dans cette région sont déconseillés, sauf raisons impérieuses.

Point de presse du 5 janvier 2011

Question - Après la mort de Mohamed Bouazizi, dont l’acte a déclenché une vague de troubles sociaux, appelez-vous les autorités à étendre les droits économiques et sociaux des Tunisiens ?
Réponse - Nous avons appris avec émotion le décès, hier soir, du jeune Mohamed Bouazizi. Nous continuons de suivre de très près la situation en Tunisie et souhaitons que les tensions, qui ne sont dans l’intérêt de personne, s’apaisent.
Il n’appartient pas à la France, pas plus qu’à un autre État, de conseiller les autorités tunisiennes dans le domaine économique et social.

Point de presse du 31 décembre 2011

Question - La France demande-t-elle à la Tunisie la libération de militants des droits de l’Homme arrêtés à l’occasion des troubles sociaux qui ont secoué ces derniers jours le pays ?
Réponse - Nous continuons de suivre la situation avec attention. Nous n’avons pas d’informations précises quant à des arrestations de militants des droits de l’Homme. Nous avons cependant pris note de la libération le 29 décembre de deux avocats qui avaient été interpellés à Tunis le 28 décembre, Maîtres Abdelraouf Ayadi et Chokri Belaïd. Nous souhaitons l’apaisement des tensions, qui ne sont dans l’intérêt de personne.

Point de presse du 29 décembre 2011

Question - Avez-vous des informations concernant des arrestations musclées des défenseurs de droits de l’Homme en Tunisie hier ? Une réaction ? La FIDH et OMCT rapportent que plusieurs responsables juridiques des Organisations de droits de l’Homme ont été enlevés avec violence devant témoins.
Réponse - Comme j’ai eu l’occasion de le dire lundi, nous suivons la situation en Tunisie avec attention. Je n’ai pas de précision particulière sur les faits que vous évoquez.

Point de presse du 27 décembre 2011

Question - Quelle est la réaction de la France à la tension sociale et à la vague de suicides dans le centre-ouest de la Tunisie ?
Réponse - Nous suivons la situation avec attention. Nous sommes conscients de la sensibilité de la question de l’emploi en Tunisie et en avons fait l’une des priorités de la coopération franco-tunisienne.

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