lundi 17 janvier 2011

Les lingots d'or à Leïla Trabelsi, 5 milliards de dollars à Ben Ali : Main basse sur la Tunisie

Le « casse » de Leïla Ben Ali, l’épouse de l’ex-président tunisien, qui aurait dérobé d’une banque tunisienne 1,500 tonne d’or avant de s’enfuir à l’étranger, continue de provoquer un tollé. Révélée par DNA dès vendredi 14 janvier, puis reprise dimanche soir par TF1 ainsi que par le quotidien Le Monde, l’information, non confirmée officiellement, jette une lumière crue sur le régime « kleptomane » instauré par Ben Ali, sa femme, et des deux familles, les Ben Ali et les Trabelsi, qui ont régné en Tunisie durant plus de vingt ans. Les deux clans ont, selon divers témoignages, véritablement pillé le pays.

Le Journal Le Monde (édition du 17 janvier) indique que l’Elysée, se basant sur des recoupements des services secrets français, suppose que l’ex-première dame de Tunisie a pris la clé des champs en emportant 1,500 tonne d’or. Selon le quotidien du soir, Leïla Ben Ali, née Trabelsi, se serait rendue à la Banque centrale de Tunisie chercher des lingots d'or.
Le gouverneur, écrit encore le Monde, aurait refusé et demandé un ordre écrit. Mme Ben Ali aurait alors appelé son mari, qui aurait d'abord lui aussi refusé, puis cédé. « Il semblerait que la femme de Ben Ali soit partie avec de l'or », explique un responsable politique français au Monde. « 1,5 tonne d'or, cela fait 45 millions d'euros », poursuit-il.
L’information serait parvenue à l’Elysée via une « source tunisienne, en particulier de la Banque centrale. Cela a l'air relativement confirmé. »
Mais voila ! La banque centrale de Tunisie apporte un démenti à l’information. « Je n'ai reçu aucun ordre verbal ni écrit de sortir de l'or monétaire. Notre stock d'or n'a pas bougé », assure au Monde Maaledj Habib, directeur général de la caisse générale, des comptoirs et des systèmes de paiements.
Explication d’un responsable haut placé des services secrets français : la scène aurait eu lieu non pas vendredi 14 janvier, date de la chute du régime, mais à la fin de l'année 2010. « La demande à la banque de Leïla Ben Ali aurait eu lieu en décembre. Mme Ben Ali a quitté la Tunisie une première fois en décembre. L'or se trouverait aujourd'hui en Suisse », explique cette source française.
Dès vendredi 14 janvier, DNA a révélé que Leïla Ben Ali a extrait 1500 lingots d’or de la Banque centrale tunisienne avant de s’envoler à Dubaï, puis de revenir à Tunis.
Le couple présidentiel y est resté jusqu’au vendredi 14 janvier, jour de la chute et de la fuite. Leïla Ben Ali aurait ainsi rejoint une nouvelle fois Dubaï où elle possède des biens et des commerces. L’ex-président, lui, s’est envolé à 17h30 de Tunis à bord d’un hélicoptère vers Malte où l’attendait l’avion de son ami, le prince Nayef Ibn Abdelaziz, ministre de l’Intérieur du royaume d’Arabie saoudite. L’avion aurait d’abord fait escale à Dubaï pour récupérer Leïla avant d’atterrir à Djeddah vers minuit.
Aujourd’hui réfugié en Arabie Saoudite, une partie de l’ex-famille régnante, a été installée dans l’ancien palais du roi Fahd. Ancienne coiffeuse, Leïla a épousé son ancien amant Zine EL Abidine en 1992 et lui a donné trois enfants.
Au pouvoir depuis novembre 1987, les deux familles Ben Ali et Trabelsi ont fait main basse sur les richesses et les affaires du pays.  En 2008, le magazine américain Forbes estimait déjà la fortune personnelle du président Ben Ali à 5 milliards de dollars, loin très loin de son ami Kadafi dont la fortune s’élevait à 80 milliards de dollars.
Durant plus de vingt les clans, organisés comme «  La famille » maffieuse, selon un câble de la diplomatie américaine, investissaient dans tout ce qui pouvait faire rentrer de l’argent en Tunisie.  Banques, transport, immobilier, agroalimentaire, hôtellerie, agriculture, grande distribution, télécommunication, rien, mais rien n’échappait à la boulimie des Ben Ali et des Trabelsi. Ceux-ci n’hésitaient pas, le cas échéant, à recourir au racket, aux menaces, aux intimidations et à l’extorsion.

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